Face à la montée des logiques de guerre, construire un autre avenir
Patrice Kantarjian – secrétaire général du comité régional CGT PACA
Chers amis
Chers camarades,
Nous sommes plusieurs centaines ce matin, plus de 400, rassemblés sur cette place d’armes de Toulon, que nous pourrions rebaptiser place sans armes, ou place de la paix. Que ça fait du bien. On se manquait mes camarades, comme dirait l’autre. Avec les 6 secrétaires généraux des unions départementales qui composent le comité régional, permettez-moi de saluer les nombreuses délégations venues des Alpes maritimes, des bouches du Rhône, des hautes alpes, du Vaucluse, des Alpes de hautes Provence, et bien sûr du Var.
Notre rassemblement est porteur d’un seul message que tous doivent entendre : les fomenteurs de guerre et de malheur trouveront toujours, dressés face à eux, la CGT, ses organisations, et ses militants. Jusqu’au bout, jusqu’à l’épuisement s’il le faut, nous porteront la voix de la Paix et de la coopération entre les peuples.
« Ces milliards donnés à la guerre, donnez-les à la Paix, donnez-les au travail, à l’intelligence ». Ces mots sont ceux que Victor HUGO a prononcé à Paris en 1849, à l’ouverture du congrès des amis de la Paix universelle. Ces mots pourraient être ceux que nous lancerions à ceux qui, à quelques centaines de mètres d’ici, ont décidé de dispenser leur propagande guerrière à une jeunesse à qui ils ont renoncé de proposer un autre avenir que celui du sang et des larmes. Honte à ceux qui s’échinent à expliquer aux jeunes générations que la guerre est une opportunité dont il est cool de se saisir en allant se faire trouer la peau pour sauver les intérêts du capital. Honte à ce général irresponsable qui, il y a quelques mois, nous intimait l’ordre d’être prêts à sacrifier nos enfants sur l’autel du capitalisme radicalisé.
Ce sont eux et leurs semblables qui nous expliquent que nos salaires coutent trop cher, qu’il nous faut sans cesse repousser l’âge de départ à la retraite, que le droit du travail est un carcan, et que le chômage de masse est une loi de la nature. Ce sont eux qui envoient 15 camions de CRS contre les salariés grévistes de Auchan Bagnolet il y a 15 jours. Ce sont ceux qui veulent détruire la seule journée internationale commune à tous les travailleurs du monde entier, le 1er mai. Ce sont les mêmes qui partagent leurs diners avec les représentants d’une extrême droite qui assume désormais naturellement et devant les photographes, ses liens historiques avec les héritiers de ceux dont la tête a jadis échappé au billot.
Défendre la paix, la solidarité et la démocratie
Car c’est bien de la préservation de leurs intérêts dont on parle. 10 ans après les « Panama papers », OXFAM estime que la fortune des milliardaires a ainsi progressé de 16 % en 2025, alors que 48 % de la population mondiale vit sous le seuil de pauvreté. En France 53 personnes sont aussi riches que la moitié de la population du pays ; un pays qui compte désormais 11 millions de pauvres. Du jamais vu. C’est là qu’on apprend que plus de 13 000 millionnaires ne payent pas d’impôt sur le revenu et que dès qu’on leur fait remarquer, ils menacent de fuir tels des rats qui quittent le navire. Ce ne sont pas des exilés. Ce sont des déserteurs. Cela, au moment où le rapport parlementaire de fabien GAY fait la lumière sur les 211 milliards qui, non pas ruissèlent, mais inondent chaque année le patronat Français. Quelle ironie quand on sait que ce sont les mêmes qui aujourd’hui, font appel au sentiment patriotique de la population. Ceux-là même qui abandonnent les outils industriels garantissant la souveraineté du pays tels VENCOREX ou LMB Aerospace. Quelle indignité.
Si j’égraine ces chiffres, mes camarades, c’est pour illustrer une fois de plus, s’il était nécessaire, que nous n’avons aucun intérêt commun avec ces gens-là. Ceux qui sont en train d’expliquer à nos enfants que les métiers de la guerre sont une opportunité professionnelle. Tuer ou être tué, tel est le contrat qu’ils sont en train de leur proposer. Voilà tout. C’est aussi l’objet de la proposition de loi adoptée la semaine dernière, et qui vise à généraliser l’enseignement de la défense globale avec des contenus fixés par le ministère des armées, et dispensés par des réservistes. Des militaires rentrent dans l’école au moment où 4 000 postes d’enseignants sont supprimés. C’est cela, concrètement, la militarisation des esprits.
Et pendant ce temps, les profits explosent. « Serait-il déplacé de se demander si les compagnies pétrolières se livrent à un festin en pleine famine ? ». Cette question est celle que le sénateur démocrate James ALLEN a posé en 1974 devant la commission d’enquête du Sénat américain après le choc pétrolier. C’est la même question que nous pourrions poser aujourd’hui. En 3 mois, la capitalisation boursière des 120 plus grandes compagnies pétrolières a augmenté de 30 %, et même 35 % pour Total Énergies. Selon Greenpeace Allemagne, les compagnies pétrolières européennes font en ce moment, 81 millions de surprofit par jour. Par jour mes camarades ! Voilà aussi à quoi leur sert la guerre.
Et peu importent les mensonges que cela nécessite, ou la souffrance des peuples que cela entraine. Ainsi, le calvaire du peuple Palestinien se poursuit, et les complicités aussi. La rapporteuse de l’ONU, Francesca ALBANESE avait déjà dénoncé le millier d’entreprises qui tiraient profit du génocide en Palestine. Permettez-moi à nouveau de saluer ici l’action de nos camarades du port de Marseille-Fos qui, après avoir protégé les bateaux de SOS Méditerranée, se sont opposés au chargement d’armes prévues pour assassiner un peuple. Ils nous montrent ainsi que chacune de nos organisations peut trouver les moyens d’agir dans sa profession. Permettez-moi aussi de saluer le courage de notre camarade Anouk du syndicat CGT Educ 13, embarquée au sein de la flottille partie de Marseille pour casser le blocus de Gaza.
Dans le même ordre, le blocus criminel des états unis qui asphyxie Cuba et son peuple, aussi, est intolérable et nous appelons l’ensemble de nos organisations à participer aux actions de solidarité engagés par notre confédération