CONCLUSION : LA CGT POUR LA PAIX

Une période marquée par la montée des conflits et de l’économie de guerre

Gérard Ré – secrétaire confédéral

L’année 2025 s’est imposée comme l’une des périodes les plus marquées par les conflits armés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Plus de 60 conflits actifs ont été recensés dans plusieurs dizaines de pays à travers le monde. Les conséquences humaines sont considérables : centaines de milliers de morts, populations déplacées, destruction des infrastructures civiles et aggravation des crises humanitaires.

Derrière ces chiffres se trouvent des réalités humaines dramatiques : des familles détruites, des enfants tués ou mutilés, des populations entières vivant dans la peur et la précarité.

Les conflits actuels prennent des formes multiples : affrontements entre États, guerres civiles, occupations militaires, violences liées à des groupes armés ou à des logiques de domination économique et géopolitique.

Dans ce contexte, les grandes puissances mondiales continuent d’exercer une influence déterminante sur les équilibres internationaux. Les stratégies militaires, les alliances et les rapports de force prennent une place croissante dans les relations internationales, souvent au détriment du droit international et des principes de coopération entre les peuples.

Parallèlement, les dépenses militaires explosent partout dans le monde. L’industrie de l’armement connaît une croissance sans précédent et les grands groupes du secteur enregistrent des profits considérables.

En Europe, les entreprises liées à la défense figurent parmi les secteurs les plus rentables sur les marchés financiers. Les investissements publics dans l’armement augmentent massivement, alimentant une logique où la guerre devient un marché particulièrement lucratif.

En France, le budget de la défense est passé de 32 milliards d’euros en 2017 à plus de 67 milliards prévus pour 2030. Cette augmentation intervient alors que de nombreux services publics connaissent des difficultés importantes : hôpitaux en manque de moyens, crise de l’éducation, difficultés d’accès au logement, dégradation des transports publics ou insuffisance des moyens consacrés à la protection civile.

Cette évolution soulève une question fondamentale : quelles priorités collectives voulons-nous donner aux ressources publiques?

Car ni les chars, ni les missiles, ni les drones ne répondent aux besoins quotidiens des populations en matière de santé, d’éducation, de logement ou de justice sociale.

Construire une autre logique : paix, coopération et justice sociale

Face à cette situation, la CGT porte une autre vision des relations internationales, de l’industrie et des politiques publiques.

La paix ne peut être réduite à un simple équilibre militaire ou à une accumulation d’armements. Elle se construit à travers la coopération entre les peuples, le respect du droit international, le développement des services publics et la réduction des inégalités sociales.

Dans cette perspective, la CGT défend l’idée d’un pôle public national de défense placé sous contrôle démocratique. L’objectif de cette structure serait de garantir la souveraineté nationale tout en sortant des logiques purement financières et marchandes qui dominent aujourd’hui le secteur de l’armement.

Ce modèle permettrait :

– une maîtrise publique des orientations stratégiques ;
– un contrôle démocratique des activités liées à la défense ;
– une utilisation des ressources publiques tournée vers l’intérêt général ;
– le développement de coopérations internationales fondées sur la paix et non sur la concurrence militaire.

Cette réflexion s’accompagne également d’une critique des logiques d’alignement militaire et géopolitique qui renforcent les tensions internationales.

Pour la CGT, l’indépendance des choix diplomatiques et militaires constitue une condition essentielle pour construire une politique fondée sur la coopération et la paix.

Les travailleurs ne doivent pas devenir les instruments de stratégies économiques ou géopolitiques qui alimentent les conflits.

À plusieurs reprises, des organisations syndicales ont montré qu’il était possible d’agir concrètement. Des salariés ont refusé de participer à des opérations liées à l’acheminement d’armements destinés à des conflits où le droit international était bafoué. Ces actions rappellent que le monde du travail peut jouer un rôle dans la défense de la paix et des droits humains.

Les débats soulevés aujourd’hui dépassent largement la seule question militaire. Ils concernent le modèle de société que nous voulons construire pour les générations futures.

Voulons-nous une société organisée autour de la compétition, de la logique de puissance et de l’économie de guerre ?

Ou une société tournée vers la solidarité, l’émancipation, la coopération et le progrès social ?

Pour la CGT, il est indispensable de défendre une autre répartition des richesses et des investissements publics. Les moyens existent pour renforcer les services publics, développer l’éducation, la santé, la protection sociale, les transports collectifs et la transition écologique.

Faire le choix de la paix, ce n’est pas ignorer les enjeux de défense ou les tensions internationales.

C’est considérer que la sécurité des populations repose d’abord sur la justice sociale, la démocratie, la coopération internationale et la satisfaction des besoins fondamentaux.

Construire un avenir fondé sur ces principes constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour les travailleurs, pour la jeunesse et pour l’ensemble de la société.